Le groupe

Haymarket, sa vie, son œuvre…

Au début du présent siècle, Patsy décide de renouer avec le bruit et de taper de nouveau sur une batterie. Il se sait nul et sans avenir mais il a l’espoir que cogner comme un sourd sur des fûts peut l’aider à s’entretenir physiquement (maigrir ? Ok, va pour maigrir…). Pour l’accompagner, il y a Cri-Cri, le dernier crêteux de la côté Ouest, qui vient d’acheter une basse et travaille ardemment son instrument, et Matthieu, gratteux talentueux, qui a joué dans quelques groupes dont les célèbres Toxxic TV.

Patsy est du genre volubile, Cri-Cri est du genre ombrageux, Matthieu est du genre taiseux (pour pas dire plus). La mayonnaise musicale a du mal à prendre. Rapidement Cri-Cri jette l’éponge. Patsy et Matthieu décident de dégotter un bassiste afin de monter un « vrai » groupe. Le bassiste, ce sera Fred qui, du temps de sa splendeur lyonnaise, a joué dans 128 groupes, dont aucun n’est passé sur MTV. Avec lui, il y a Trakpi, alias Trakpouille la fripouille. Comme Trakpi, Fred et Patsy sont investis dans différentes structures séditieuses nantaises, la connivence idéologique coule de source.

Le duo devient quatuor, fait quelques concerts et enregistre dans des conditions rustiques un premier album, Prospect and Enslave, sorti par un label nantais orienté anarcho-punk, CanardMusique.

En 2005, Matthieu jette l’éponge. Pourquoi ? Allez savoir, puisque le garçon est du genre taiseux (pour pas dire plus). Les trois rescapés font passer le bruit qu’ils recherchent une nouvelle victime et sur ce arrive Seb, un ancien gratteux de Trash. Le lascar aime Haymarket pour sa musique ET ses textes politisés. Les trois rescapés pouvaient-ils rester insensibles à cette déclaration d’amour ? Non, évidemment pas.

Le nouveau quatuor se remet au travail : nouveaux titres, concerts et enregistrement d’un deuxième album, Once upon a crime (dans des conditions tout aussi épiques), sorti par quatre labels peu recommandables (CanardMusique, Maloka, Les Nains aussi, Perce-Oreille)… Un deuxième album enregistré à une seule gratte because Trakpi est un guitariste facétieux et plein d’idées mais qui a du mal à suivre le rythme. Il ne connaît pas les nouveaux morceaux et a du mal à se souvenir des anciens. Ce qui devait arriver, arriva : le quatuor se fait trio.

En 2009, les Six-8 les invitent à fêter dignement la sortie de leur album. Les Haymarket n’ont pas répété depuis longtemps mais ne déclinent pas l’offre. Ce concert sera d’ailleurs filmé pour la postérité. A l’issue de ce concert, en mal d’amour et de reconnaissance, Patsy annonce qu’il se sent trop vieux et trop limité techniquement pour assumer le chant et le martelage des fûts. Il faut lui trouver un remplaçant. Il désirait intimement que les deux autres le retiennent, mais non, ils lui disent qu’en effet, ce serait une fichue bonne idée qu’il arrête le ta-poum-ta-poum. Qui aime bien, châtie bien…

Mais qui pour le remplacer ? Fred a une idée. Comme il joue parallèlement dans un groupe de rock punky, Lumberjack, pourquoi ne pas solliciter le batteur ? Rapidement l’affaire est dans le sac : Vince est intronisé comme le nouveau bûcheron de Haymarket. Il est jeune, musclé, mince et sait jouer (en d’autres termes, il est tout le contraire de son devancier).

Depuis ce funeste mois de janvier 2009, Haymarket se compose donc de :

PATSY alias Lider Minimo, chanteur charismatique enrobé,
FRED, bassiste maigrichon, parfois barbichu, à jamais déplumé,
SEB,  guitariste, braillard et tout aussi déplumé,
VINCE alias Shalom Bakalao, batteur pédant avec tatouage.

Cette dernière formation est évidemment la meilleure, la plus solide et la plus cohérente musicalement.

Photos Concert au Fouloir by Theo Koppen + Lüdo