Friendly Advice to the Poor (2012)

« Friendly Advice to the Poor » (Conseil amical au pauvre) est un livre du révérend J. Clayton, publié en 1775.
Ce religieux, austère et moraliste, considérait que l’ouvrier désireux de sortir de la misère n’avait qu’à construire sa vie en la faisant reposer sur quelques principes simples : travail, sobriété, piété ; autrement dit, soumission à l’ordre capitaliste et à l’ordre religieux ; autrement dit s’adapter, se conformer, s’aliéner ou périr.

Le capitalisme ne peut reposer et prospérer que sur la mise au travail forcé, la domestication des travailleurs et leur individualisation. Pour ceux qui s’en font les défenseurs, il ne faut laisser subsister que des intérêts individuels, d’où leur volonté de détruire toutes formes de structures collectives susceptibles de remettre en cause leur hégémonie économique et politique.

Les politiques néolibérales que nous subissons depuis plus de vingt ans veulent faire de nous des êtres calculateurs, des homo economicus indifférents aux autres, seulement concernés par leur survie économique, leur réussite sociale et leur confort personnel ; des homo economicus apathiques et auto-centrés, narcissiques, voire misanthropes, à l’écoute de leur Moi profond et des bonnes affaires commerciales du jour.

Aujourd’hui comme hier, l’ennemi demeure le pauvre : l’éternellement pauvre des campagnes, le prolétaire déraciné soumis aux aléas de la conjoncture, le travailleur précarisé victime de la crise. Un pauvre qu’il faut contrôler, corseter, encadrer, museler, réprimer. Un pauvre qui doit apprendre à rester à sa place, quand bien même cette place n’en est plus une. Un pauvre qu’il faut rendre dépendant, humble, soumis.

Ce qui fit dire à Lamennais en 1837, comparant la situation du pauvre à celle de l’esclave, « mieux eut valu pour lui un complet esclavage ; car le maître au moins nourri, loge, vêt son esclave, le soigne dans ses maladies, à cause de l’intérêt qu’il a à le conserver ; mais celui qui n’appartient à personne, on s’en sert pendant qu’il y a quelque profit à en tirer, puis on le laisse là. À quoi est-il bon lorsque l’âge et le labeur ont usé ses forces ? À mourir de faim et de froid au coin de la rue. » Le seul espoir des travailleurs que le labeur abrutit, avilit, fait souffrir physiquement et aliène, réside dans leur capacité à, de nouveau, incarner le péril. Georges Sorel a écrit en son temps : « Les ouvriers n’ont pas d’argent, mais ils ont à leur disposition un moyen d’action bien plus efficace ; ils peuvent faire peur. » (Réflexions sur la violence, 1907). Sorel a raison : il faut que la peur change de camp.

Sortie : 10 février 2012

15 titres. Versions CD Digipack (+livret 24 pages) ou 33 Tours.

Enregistrement, mix et master Tramber WaveBitchStudio

Labels : Maloka, Les Nains Aussi, Perce-Oreille, General Strike, Mass Prod, Workin’man Arm Yourself

Paroles English Lyrics

Livret (.pdf)

All songs written by Haymarket.