40 acres de mauvaise terre

De quoi l’être humain a-t-il besoin
Pour se sentir libre, pour ne plus être un chien
La question est difficile et le débat fait rage
Il interpelle parfois ceux qui ne sont plus esclaves
Car nous le sommes pas, n’est-ce pas ?
Vaquant librement à nos multiples occupations
Nous vivons une vie pleine et entière
Et nous votons à échéance régulière

40 acres de mauvaise terre et une putain de mule

16 hectares de terre pour solde de tout compte
Et une foutue mule pour tirer la charrue
C’est ce qui fut proposé aux noirs américains
J’étais un esclave, je deviens un moins-que-rien
L’émancipation tant espérée
M’offre le bonheur de crever prolétaire
La liberté chérie en régime capitaliste
A le don de remplir les cimetières

40 acres de mauvaise terre et une putain de mule

Il ne suffit pas pour être libre
De se débarrasser des fers qu’on a aux pieds
Quand dans la sphère économique, on vend plus que ses mains
Mais sa dignité par contrat avec le Malin
Notre liberté n’est qu’une illusion
Sanctifiée régulièrement par la grâce de l’élection
Des interchangeables qui gèrent les Affaires
Cet intérêt général fait de chaînes et de larmes

40 acres de mauvaise terre et une putain de mule (x3)

/Haymarket